Aristote qui s’interroge sur son statut ontologique, s’oppose au caractère séparé de l’idée que Platon professait. Alors que certains, comme David Hume, situent dans l’expérience et l’impression qu'elle nous laisse l’unique origine de nos concepts, l’analyse kantienne de nos facultés de connaissance suppose que ces derniers peuvent être soit empiriques soit purs (voir Critique de la raison pure), c’est-à-dire tout à fait indépendants d’une quelconque expérience[21]. Pour Kant « La métaphysique est la science qui contient les premiers fondements de ce que saisit le savoir humain. Définie à son origine, comme science qui a à s’occuper de l’être, la métaphysique s’absorba rapidement dans la tâche de dire le « vrai Â», résume Jacques Taminiaux[57]. Thomas d’Aquin, tout aristotélicien qu'il fut, combattra cette conclusion en faisant de l'âme rationnelle une substance à part entière que Saint Bonaventure qualifiera de « matière spirituelle Â»[9]. La collection des écrits d'Aristote (-384, -322) élaborée par Andronicos de Rhodes vers 60 av. Avec Heidegger le terme d’existence est réservé à l’être humain[N 2], les autres choses du monde seront simplement là, « sous-la-main Â» selon la traduction littérale d’une expression allemande. « C’est par là que Descartes fonde les Temps modernes. Un des modes d'être caractérisé par le fait d'être au monde[34]. La variation vraiment décisive de l'ère moderne et l’avènement du règne de la « Technique Â», dernière étape de cette longue histoire, se trouvait déjà formulée dans les travaux de Descartes avec la prévalence absolue qu'il accorde à la « vérité certitude Â»[N 6], qui impose aux choses de se soumettre à un certain type de connaissance, la « mathesis Â»[65],[N 7]. « Quand je dis tous les corps sont étendus, c’est là un jugement analytique, car je n’ai pas besoin de sortir du concept que je lie au mot corps pour trouver l'étendue unie avec lui ; il me suffit de le décomposer, c’est-à-dire de prendre conscience des éléments divers que je pense toujours en lui pour trouver ce prédicat[28] Â». La perception de la vérité, comme conformité de la pensée à la chose, une fois clairement émergée à partir d'Aristote, va se prêter historiquement à de nombreuses variations. Dans l’ordre de la connaissance, la recherche du fondement consiste à découvrir sur quoi (l'élément solide), l’on peut s’appuyer pour commencer à penser, ainsi de Descartes qui fonde tout son raisonnement sur le « cogito Â», ou Heidegger qui momentanément fit fond dans Être et Temps sur une « métaphysique du Dasein Â»[45],[N 3]. Réalité équivoque, à la fois grandeur physique mesurable, et dimension intérieure de notre conscience, la question du Temps, de son origine, de sa nature et de sa définition traverse toute l’histoire de la métaphysique[31]. Débarrassée de sa dépendance théologique la métaphysique cartésienne va être fondée, en raison, sur la certitude du cogito[20] ; avec elle, l’essor des sciences, et notamment la physique newtonienne, a pu se faire. De plus, comme il existe chez Descartes une hiérarchie des idées, où la cause de quelque chose doit être plus parfaite que ce qu'elle origine, notre idée de Dieu, encore imparfaite et limitée, montre bien que lui-même est possesseur d’une perfection infinie. En effet, Platon pense la vérité comme indépendante de la pensée et du discours. Kant supposera qu'il existe une troisième sorte de jugements, celle qui donne toute sa portée à sa « révolution copernicienne Â», les jugements synthétiques a priori. Cet ordre n’a plus besoin de la philosophie parce qu'il la possède déjà à sa base. ontologie. Métaphysique : définition, synonymes, citations, traduction dans le dictionnaire de la langue française. Aristote, aurait laissé en friche ses recherches sur l’unité des significations de l’être (auxquelles la doctrine de l’« analogia entis Â» prétend donner réponse et celles sur la possible unité des questions portant sur l’être et sur le divin (onto-théiologie, onto-théologie) Â», Une telle dépendance ne peut être comprise qu'en liaison avec ses travaux sur les mutations historiques du concept de vérité-. La logique des mathématiques Ainsi pour Platon, le Vrai constitue, avec le Beau et le Bien, une valeur absolue. De même sur le plan strictement métaphysique, la quantité qui n’est pas la qualité, qui n’est pas non plus l’action ou la relation « sont-ils au même titre Â» ? « Emmanuel Kant admettant avec l’unanimité de la tradition que le jugement est le lieu de la vérité et que, donc la connaissance (recherche de la vérité), culmine dans le jugement[63] Â», et sans rien changer à l'équilibre de ce face à face, est venu « définir le phénomène comme objet possible de l’intuition d’un sujet, marquant ainsi que ce sont les objets qui doivent se régler sur notre connaissance et non l’inverse[64] Â». On ne peut aucunement la faire passer derrière soi, telle une doctrine à laquelle on ne croit plus et qu'on ne défend plus, « l’ontothéologie se constitue […] en même temps que s’élabore la problématique de l’analogie comme, « La métaphysique se construit historiquement par adjonction de nouveaux éléments à un système qui se veut harmonieux et cohérent Â», « aux flots mouvants de l’histoire de la pensée, aux systèmes philosophiques variés, est immanente une unité supérieure à l’histoire, l’unité de la vérité supra-historique Â», « il fait ressortir le fait que toute métaphysique s’enquiert de la totalité des étants (dans leur être) et sous celui hiérarchique de l’ordre qui en détermine la raison Â», « une science analogique, ou « analogie d’attribution Â» conçue comme le mode hiérarchique d’une participation graduelle des étants à l’être selon leur dignité Â», « La métaphysique doit trouver son fondement en dehors d’elle-même, dans une théologie devenue reine des sciences Â», « elle opère dans le même genre que la philosophie première et la théologie la philosophie première qui s’occupe des causes premières, la métaphysique étudiant ce qui a le plus haut degré d’universalité (les transcendantaux), tandis que la théologie ce qui est séparé, Dieu Â», « une suite d’idées qui planent au-dessus de l’histoire Â», « définir le phénomène comme objet possible de l’intuition d’un sujet, marquant ainsi que ce sont les objets qui doivent se régler sur notre connaissance et non l’inverse, « La métaphysique achevée, qui est la base d’un mode de pensée « planétaire Â», fournit la charpente d’un ordre terrestre vraisemblablement appelé à une longue durée. « Les accidents en sont les modifications non nécessaires qui l’affectent plus ou moins provisoirement Â»[25]. Cette chose la plus évidente qui soit, est précisément la plus difficile à définir. Si l’histoire est jalonnée de synthèses particulières qui finissent avec les époques qui les portent, le questionnement métaphysique, lui, reste une œuvre de l’esprit en perpétuelle recherche de synthèse et d’universel qui demeure éternellement[48]. Les sciences, qui ne s’occupent que du sensible et du phénoménal, présupposent qu'un concept traditionnel (l’espace, le temps, la vérité, la réalité…) possède un sens résolu et indiscutable, dit a priori, qui leur évite de les interroger, à nouveau[20]. Emmanuel Kant, en réaction, tente d’établir une métaphysique moins ambitieuse mais qui soit plus conforme à la nature humaine, écrit François Jaran[50]. En métaphysique, chez Aristote comme plus tard chez Descartes, le rôle du fondement est joué par la « substance Â». Métaphysique (adjectif) Relatif à la métaphysique aux sens précédents. », « dans la dernière phase de sa pensée, Heidegger aboutit à la thèse de la fin de la métaphysique, laquelle serait désormais passée dans l’essence de la «, « nous ignorons encore ce que nous réserve l’achèvement de la métaphysique et nous ne pouvons à peine imaginer ce qu'inventera la domination inconditionnée ou la mobilisation totale […] qui ne font que commencer Â», « L’homme arraisonné par le Dispositif a affaire désormais à des choses qu’il a toujours déjà prises en vue comme fonds ou stock disponible (en allemand, Bestände) Â», « quand je dis que tous les corps sont pesants, le prédicat est quelque chose de tout à fait différent de ce que je pense dans le simple concept d’un corps en général. Définitions de vérité. Mais la fin de la philosophie n’est pas la fin de la pensée, laquelle est en train de passer à un autre commencement. En introduisant une distinction entre le sensible et l’intelligible, Platon fonde sans la nommer ce qui sera plus tard, appelé, métaphysique, comme science de l'étant en tant qu'il « est Â» et qu'il est ce qu'il « est Â», science qui va se déployer tout au long de l’histoire de la pensée occidentale en de multiples formes et synthèses dont les plus importantes sont attribuées à Aristote, Thomas d’Aquin, Descartes, Kant, Hegel, Nietzsche[6]. Syn. ainsi vers une métaphysique de ou dans l'immanence, il nous conduit peut-être aussi, non pas à rétablir ou à réhabiliter directement la métaphysique, mais à en rééva-luer et à en repenser le concept une fois qu'ilserait délivré de sa charge réactive, négative, principalement péjora-tive, et de son statut d'obstacle à … Les philosophes ont bien noté que ce sentiment de liberté pourrait être le masque d’une sujétion inaperçue à la nature des choses. Vous pouvez également à tout moment revoir vos options en matière de ciblage. Il faut attendre le XXe siècle et notamment Husserl et Martin Heidegger (voir Heidegger et la question de la vérité), pour que cette approche soit remise sérieusement en cause. « Nous autres, modernes », nous sommes phénoménologues. Les informations recueillies sont destinées à CCM Benchmark Group pour vous assurer l'envoi de votre newsletter. Cette problématique relève actuellement de la théologie. Ainsi, Simplicius, vers 535 : La scolastique médiévale a forgé le terme par l’usage, donnant le sens de « par-delà la physique Â» sous lequel on reconnaît désormais la métaphysique. En 1957 Heidegger[42] prononce une conférence intitulée Constitution onto-théologique de la métaphysique dans laquelle « il fait ressortir le fait que toute métaphysique s’enquiert de la totalité des étants (dans leur être) et sous celui hiérarchique de l’ordre qui en détermine la raison Â» (Dieu, cause première), même dans le cas où elle tourne le dos à la théologie. Franco Volpi[70] précise que « dans la dernière phase de sa pensée, Heidegger aboutit à la thèse de la fin de la métaphysique, laquelle serait désormais passée dans l’essence de la « technique Â» moderne : celle-ci serait l’accomplissement de la métaphysique, « la métaphysique comme préhistoire de la technique Â» Â». Enfin, la théorie cartésienne des vérités éternelles se base sur le fait que Dieu est créateur d’absolument toutes choses, y compris les vérités de la nature, les causes physiques et matérielles du monde, les essences des êtres animés ou inanimés, l’ordre universel. Heidegger parle à propos de cette structure onto-théologique d’un trait « destinal Â» de toute pensée métaphysique[46]. Hume prenait appui sur l’impossibilité pour la raison de penser a priori et au moyen de concepts, entre autres principes « la relation de cause à effet Â», que cette relation n'était que la fille de l’imagination fécondée par l’expérience qui se croit autorisée à faire passer une habitude pour une nécessité objective[37]. L’acte correspond à la réalisation par un être de son essence ou forme, par opposition à ce qui est en puissance[27]. déterminatif] Conception particulière de la métaphysique ou système métaphysique particulier. Puissance et Acte (voir Puissance et acte) se définissent l’un par rapport à l’autre, ainsi la puissance est la possibilité ou la capacité du passage à l’acte[26]. C’est à travers une autre expression allemande la Machenschaft[N 8], intraduisible en français qu'Heidegger caractérise la démesure contemporaine de la « volonté de puissance Â» (Überwindung der Metaphysik ). À noter que dans une démarche temporaire correspondant à la rédaction d'Être et Temps Heidegger a cherché dans les années 1920 à assurer un fondement plus sûr à la métaphysique, ce sera la métaphysique du Dasein[52]. Dieu, les Idées, l'âme, le commencement absolu du monde, et même la conscience en tant que fondement de la connaissance dans l'idéalisme, sont des exemples de telles conditions ontologiques. Vérité métaphysique. C’est en tant que « principe unificateur Â» de toutes les facultés, que la notion d'« Ã¢me Â» a été introduite en philosophie accompagnée de problèmes qui lui sont propres, quant à ses fonctions, sa localisation (cœur ou tête), sa nature (corporelle ou non), les êtres qui la possèdent (tous les vivants, plantes et animaux, ou seulement l’homme[7]). La Métaphysique Aristote. Science de l'être en tant qu'être. 3 ce mot de vérité en sa propre signification, dénote la conformité de la pensée avec l'objet… [Cependant] on ne peut donner aucune définition de logique qui aide à connaître sa nature. Origine : Cette expression fait référence à Jacques de Chabannes, marquis de La Palice, qui naquit en 1470. Étymologiquement, le mot se compose de μετα et φυσικά (méta-phusika), la « nature Â» et son étude, la « physique Â» ; et d’une préposition grecque μετά metá au sens aussi imprécis puisqu'elle peut signifier : « au milieu, parmi, avec, entre, au-delà, après Â». « Pour les scolastiques l’exister désignait l’acte par lequel un sujet accède à l’être en vertu de son origine Â»[35],[36]. On distingue académiquement ces deux versions de la métaphysique. C’est donc la … 26 talking about this. La métaphysique s’appuie en outre sur des opérateurs qui lui sont propres, tels les notions de substance et d’accident, de puissance et d’acte. Elle est science des principes de l'étant et non pas des principes de la connaissance Â», Questions usuelles adressées à tort ou à raison à la métaphysique, Jugement synthétique et jugement analytique, Une ligne et un destin: l’oubli de l’être, La métaphysique comme moteur de l’histoire occidentale, L’achèvement de la métaphysique : la technique, « il fait de celle-ci la forme d’un corps naturel possédant la vie en puissance, étendant ainsi le concept d'âme à l’ensemble des vivants Â», « Descartes rend impensable toute forme intermédiaire Â», « la liberté désigne en métaphysique, le pouvoir absolu d'être la cause première d’un acte, ainsi que l’expérience de ce pouvoir en tant qu'elle est constitutive du sujet Â», « combiner les concepts ou propositions Â», « Quand je dis tous les corps sont étendus, c’est là un jugement analytique, car je n’ai pas besoin de sortir du concept que je lie au mot corps pour trouver l'étendue unie avec lui ; il me suffit de le décomposer, c’est-à-dire de prendre conscience des éléments divers que je pense toujours en lui pour trouver ce prédicat, « universels et nécessaires, comme les formules mathématiques Â», « l’ensemble de tous les principes à l’origine de l’être de l'étant visé Â», « une condition cognitive de possibilité de toute représentation Â», « Pour les scolastiques l’exister désignait l’acte par lequel un sujet accède à l’être en vertu de son origine Â», « depuis l’origine de la métaphysique, si loin que remonte son histoire, il ne s’est rien passé qui eût pu être plus décisif pour les destinées de cette science que l’attaque qu'elle eut à subir de la part de, « la métaphysique est si essentielle qu'on ne peut s’en défaire comme on se défait d’une opinion. Martina Roesner[62] note qu'une fois que la vérité phénoménale originaire eut été supplantée par cette vérité transcendante, la dimension langagière de la vérité s’est réduite à la correspondance établie par l’intellect entre la proposition et l'état des choses. En raison de sa structure « onto-théologique Â», la métaphysique, bien avant l’introduction du christianisme[53], est depuis l’origine obnubilée par la question du fondement qui vise l'étant suprême, visée qui s’accompagne, selon Heidegger, de l'« oubli Â» de ce qui n’est ni un étant, ni l'étantité en soi, mais l’être même autrement appelée « différence ontologique[54]. Heidegger reprend la question à partir de l’entente grecque de la Vérité comme alètheia, c’est-à-dire comme comportement du Dasein et non voilement de l'étant, reléguant l'« adéquation de la chose à l’intellect Â» à une instance dérivée[16]. Science de l'être en tant qu'être, recherche et étude des premiers principes et des causes premières, connaissance rationnelle des réalités transcendantes et des choses en elles-mêmes. Elle est en ce cas associée à une conception dite « réaliste Â» de la connaissance et qualifie la portée ontologique des théories (philosophiques ou scientifiques[4]). Pour les médiévaux[20] : « La métaphysique doit trouver son fondement en dehors d’elle-même, dans une théologie devenue reine des sciences Â». De nos jours, la métaphysique est une notion équivoque qui recouvre aussi bien la science des réalités qui échappent aux sens que la connaissance de ce que les choses sont en elles-mêmes, indépendamment de nos représentations. »[69]. La compréhension de l’être que nous avons naturellement n’est pas, à elle seule, un « savoir Â», c’est la tâche de la métaphysique de nous aider à passer de la compréhension pré-ontologique au savoir explicite de l’être[39]. Après Kant la métaphysique dogmatique s’est trouvée un temps discréditée, remarque Jean Grondin[51] au point que les bâtisseurs de systèmes les plus complexes, comme ceux développés par les penseurs de l'Idéalisme allemand (Fichte, Schelling et Hegel), ont tous évité de faire référence au mot métaphysique. Mais plus généralement rechercher le fondement ou principe c’est s’interroger sur quoi reposent ultimement les choses et donc, de proche en proche, remonter jusqu'à la cause première ou premier principe non causé. Selon le Dictionnaire des Concepts[17]. Elle joue de plus, en systématisant et coordonnant nos connaissances, un « rôle normatif Â» et, en découvrant la dernière raison des choses, un « rôle explicatif Â». Reprenant notamment dans son Nietzsche II, l’analyse nietzschéenne du Nihilisme, il le resitue dans l’histoire globale de l'« oubli de l’être Â» (Seinverlassenheit ). Alfred North Whitehead est peut-être l’auteur le plus important dans ce domaine. C’est la métaphysique qui fixe les notions communes qui relient les divers systèmes de connaissance, comme c’est elle qui va, écrivait V. Ermoni[40], jusque dans l’invisible rechercher la raison d'être du visible. comment? Une vérité de La Palice Sens : Une vérité si évidente qu'elle en devient ridicule. 11 Voir Aristote, Métaphysique, E, 4, 1027 b 25-28 ; Aristoteles latinus, Metaphysica, translatio med ; 12 Thomas d’Aquin, La Vérité, qu. Il s’agit bien entendu de l’immortalité de l'âme qui, du strict point de vue métaphysique, dépend de savoir, comme vu plus haut, si l’on accorde ou non la substantialité à l'âme. Adéquation entre la réalité et l'homme qui la pense. La métaphysique appartient aux sciences spéculatives (physique, mathématiques et métaphysique) « elle opère dans le même genre que la philosophie première et la théologie la philosophie première qui s’occupe des causes premières, la métaphysique étudiant ce qui a le plus haut degré d’universalité (les transcendantaux), tandis que la théologie ce qui est séparé, Dieu Â»[20]. Non ; le problème métaphysique de la vérité ne présuppose pas ce que la deuxième de ces questions suggère, car une réponse possible au problème métaphysique de la vérité serait, qu'il n'y a rien en vertu de quoi les oraisons vraies sont vraies. Ainsi, celui qui saisit en comprenant 2 et 2 font 4 ou qui est capable d’en faire la démonstration (comme Leibniz l’a fait après Descartes dans les Nouveaux essais sur l’entendement humain) connaît la vérité. Mais la fin de la philosophie n’est pas la fin de la pensée, laquelle est en train de passer à un autre commencement. « L’homme arraisonné par le Dispositif a affaire désormais à des choses qu’il a toujours déjà prises en vue comme fonds ou stock disponible (en allemand, Bestände) Â» écrit Jean-François Courtine[73]. Dans le cadre de la métaphysique du, « Dans l’emploi du mot « Ãªtre Â», si l’univocité est à écarter, il reste l'équivocité ou l’analogie. Mais les platoniciens ont voulu y voir la discipline qui porte sur les réalités au-delà de la physique. Dans les notes rassemblées sous le titre « dépassement de la métaphysique Â» des Essais et conférences, Heidegger dit explicitement, que la métaphysique est « achevée Â» parce qu'elle a fait le tour de ses possibilités, la dernière d’entre elles étant l'ère de la technique, rappelle Françoise Dastur[68]. J.-C. séparait les livres phusikè achroasis (Leçons de Physique), sur la nature, et ceux qui venaient après, meta ta phusika, la Métaphysique. Accessoirement ainsi conçue comme forme du corps, la question de sa survie après la mort est négativement tranchée, l'âme ne lui survit pas et n’est donc pas immortelle[8]. En philosophie, la métaphysique désigne la connaissance du monde, des choses ou des processus en tant qu'ils existent « au-delà Â» et indépendamment de l’expérience sensible que nous en avons, mais elle prend des sens différents selon les auteurs et selon les époques[1]. Alors que l'on reconnaît à d’autres disciplines comme la logique, les mathématiques ou la physique le droit de sortir des limites de l’expérience, comment se fait-il, s’interroge Kant, qu'avec la métaphysique on n’atteint jamais le même degré de certitude, alors qu'elle traite des objets les plus importants pour notre curiosité, Dieu, l'âme, la vie éternelle[38] ? Toutefois, pour Heidegger, remarquent les traducteurs et interprètes[63] dans l'ouvrage Kant et le problème de la métaphysique, cette permutation exprime beaucoup plus le fait que pour qu'un objet soit saisi comme objet, il faut au préalable qu'il soit saisi comme « Ã©tant Â». À ce sujet, remarque Michel Haar[71] si l'époque de la technique en est l’ultime forme, « nous ignorons encore ce que nous réserve l’achèvement de la métaphysique et nous ne pouvons à peine imaginer ce qu'inventera la domination inconditionnée ou la mobilisation totale […] qui ne font que commencer Â». Définie comme connaissance de ce que les choses sont en elles-mêmes, la métaphysique s’oppose à la connaissance empirique des phénomènes tels qu'ils nous apparaissent et peut recouvrir une partie du champ des sciences. Cependant ce type de jugements sera remis en cause par le Cercle de Vienne et semble être aujourd'hui abandonné par une grande partie des philosophes. Après avoir montré qu’en réalité cette expression « crise de la métaphysique » est polysémique, l’article se centre sur l’identification présupposée entre « rationnel » et « universel ». La première s’est développée dès l'Antiquité et le Moyen Âge, la seconde à partir de la période moderne. Conception propre à un philosophe dans ces domaines : La métaphysique … La raison est introduite en philosophie à partir du concept grec de Logos qui de simple discours évoluera vers l’art de « combiner les concepts ou propositions Â» et finira comme faculté de comprendre[18]. La métaphysique est la voie royale de la philosophie, la “philosophie première”, en ce sens qu’elle questionne les grands mystères de l’univers et de l’existence : la structure du cosmos, l’être, la conscience, la vie, l’origine du monde, l’esprit et la matière ou “substance”. Dans la perspective classique il est question de distinguer l’existant du simple possible. On parle d'être réel, mais qu'est-ce qu'être réel, sinon exister. modifier - modifier le code - modifier Wikidata Buste d' Aristote (copie romaine d'un original grec en bronze de Lysippe). Enfin, la philosophie du processus — ou du procès, du devenir, de l'événement — se veut une alternative à la métaphysique de la substance. Un jugement est analytique lorsqu'il se contente d’expliciter le contenu d’un concept. Si nous voulons vivre une vie épanouissante et heureuse, nous ne pouvons pas négliger les ingrédients de cette combinaison évidente. Tout commencerait, avec la détermination platonicienne de l’être comme « idea Â», d’où résulte une confusion entre l'« Ãªtre et la phusis Â», qui entraîna l’interprétation de l’être comme idea, écrit Françoise Dastur[61]. Ils distinguent une métaphysique générale qui s’occupe du discours sur l’être et qui deviendra ontologie et une métaphysique spéciale dont les objets sont l'âme, Dieu ou le monde. Jean Greisch[67], de son côté, note que malgré la rupture « Ã©pochale Â» que l’avènement des philosophies modernes est censé représenter, Heidegger a pu soutenir que du point de vue ontologique, elles n’apportent rien de nouveau. Si vous êtes né dans la pauvreté comme moi, arrêtez de parler de ces deux mots quand on vous présente un business : Risque et Arnaque. La question principale est celle de la définition et de la preuve de la liberté., justifiant le “sentiment vif et interne” (Descartes) que nous avons d’être libre et qui se trouve en tout homme. Loin des controverses sur la nature corporelle ou à la question de sa localisation, ayant mobilisé les premiers penseurs de l'âme comme Thalès, Héraclite ou Platon, Aristote est le premier à l’intégrer rationnellement dans son système métaphysique. Elle est science des principes de l'étant et non pas des principes de la connaissance Â»[3]. Il semble impossible d’attribuer le même sens à l'« Ãªtre Â» contingent que nous sommes, à l'« Ãªtre Â» d’une table et à celui de l'« Ãªtre incausé et absolu Â» dont tous les autres dépendent. Il distingue[14] : L’idée de vérité appartient comme l’idée de chose ou de liberté au groupe des idées innées selon la doctrine innéiste. Parfois confondu avec l'« idée Â», le « concept Â» est une représentation générale de ce qui est commun à plusieurs objets. 1, art. Devenu le dieu des philosophes, le dieu de la théologie naturelle et de la métaphysique perd ses qualités fondamentales en devenant théorique et abstrait[12]. Une lapalissade. En principe, le Dieu personnel et créateur de la croyance monothéiste, ne concerne pas la métaphysique ; en relève seul, le dieu de la théologie naturelle, celui défini par Aristote comme causa sui, cause ultime, premier moteur et principe premier de toute chose. Cet oubli n’aurait fait que s’accentuer, par étapes successives, pour culminer à l'ère moderne dans le règne incontesté de la « Technique Â»[56]. Dans ce but, il met en œuvre une argumentation méthodique (ordre des raisons) où il expose l’idée suivante : un Dieu, qui est créateur de toutes choses, des essences mêmes, des êtres et des étants, dont la connaissance, le savoir, sont illimités est inconcevable pour la raison humaine qui est bornée, existe cependant parce qu'il nous en a apporté confirmation dans le simple fait que l’idée de son existence ait pu germer dans mon esprit. Débutons en exposant la conception métaphysique (dogmatique) de la vérité, dont il faut reconnaître qu'elle n'est pas étrangère à la diffusion de la confusion de la vérité et de la réalité. Martin Heidegger comprend toute l’histoire de la métaphysique occidentale sous un même fil conducteur, celui de l’aggravation continue de l'« oubli de l’être Â», jusqu'à son oubli total dans l'ère de la technique, comme le « destin de l’être Â»[60]. Descartes cherche ici une vérité certaine. Certaines de ces questions ont une dimension scientifique évidente. Métaphysique (nom commun) Discipline qui traite de l'être et des premiers principes. Aristote définit pour la première fois cette « science Â» qui n’a pas encore de nom en la qualifiant de « philosophie première Â», première en importance et en dignité[2]. Aspect, forme ou structure qui rend visible, fait voir la réalité d’une chose, représente pour les philosophes platoniciens une forme intelligible, soustraite au devenir[13]. L’avènement de la modernité invitait au dépassement et peut-être à la fin de la métaphysique. Francis Wolff La vérité dans la Métaphysique d’Aristote Cahiers philosophiques de Strasbourg, tome 7, 1998, p. 133-168. Avec la vérité scolastique, l’adéquation de l’intellect humain à la chose se fondait sur l’adéquation de la chose à « la pensée créatrice de Dieu Â». Gilson parle d’une dévaluation du verbe « Ãªtre Â» au profit du verbe « exister Â». On ne peut aucunement la faire passer derrière soi, telle une doctrine à laquelle on ne croit plus et qu'on ne défend plus[41] Â».